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Jean-Paul DELFINO
un auteur méditerranéen et plus…
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Jean-Paul Delfino est né l'été mille neuf cent
soixante quatre à Aix-en-Provence. Petit fils d'un chanteur de
Bel Canto, il saura vite donner de la voix dans de nombreux domaines.
Voyez plutôt...
Membre de l'équipe de France de football, minimes et cadets,
il est convoité par le club de Rennes mais hélas, une
blessure grave l'oblige à raccrocher ses crampons. Déçu,
Jean-Paul Delfino pense que son nouvel avenir est ailleurs. Il a onze
ans - autre choix de carrière - il sera romancier !
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Adolescent, il devient auteur
de lettres d'amour pour les petites amies des ses copains, au risque
d'écrire, pour un autre, à celle qu'il aime.
Adulte, il devient journaliste et se découvre une nouvelle
passion : la musique brésilienne.
Pour écrire sur le sujet, il décide d'aller interwiever
sur place les maîtres de la bossa et de la samba. Sans connaissance
aucune de la langue, il débarque un jour à Rio de Janeiro
et la chance lui sourit. Dans l'aéroport, un peu perdu, il
rencontre un prof' français qui connaît bien le milieu
de la musique brésilienne.
L'aventure commence, les entretiens s'enchaînent les uns après
les autres, la barrière de la langue s'efface par magie et,
de retour en France, un livre sort. Nous sommes en 1988. Mais, rappelez-vous
: Son grand-père est chanteur d'opéra. Ce que vous ne
savez pas, c'est qu'à la Scala de Milan il est le partenaire
d'un chanteur toulousain : le père de Claude Nougaro !
Revenu du Brésil, Jean-Paul Delfino, veut compléter
ses entretiens par celui qui connaît le mieux en France "Jazz
et Bossa". Pas facile de rentrer à Paris chez "La
Noug' ". Après plusieurs échecs, il ne se démoralise
pas et retourne rue Junot. A la fenêtre, une jeune fille. Le
coup du charme à Cécile, la petite anecdote concernant
leurs deux grands-pères, et hop ! Claude Nougaro, le reçoit
at home, et après l'avoir testé, lui dit avec son phrasé
syncopé : "Ne t'inquiètes pas petit, suit ton
étoile parce qu'elle brille, la réalité invente
plus que la fiction".
La renommée venue fait qu'à chaque fois qu'un brésilien
ou qu'une brésilienne se trouve en Provence Jean-Paul Delfino
est contacté pour le meilleur ou pour le pire. C'est ainsi
qu'il découvre le trafic des enfants footballeurs - brésiliens
et africains - enlevés à leurs parents, contre une somme
dérisoire, par des managers véreux et mafieux. Localier
dans un journal, son rédac' en chef lui fait comprendre qu'il
vaut mieux éviter d'en parler. Le foot, sur la Cannebière,
c'est sacré.
Devenu romancier à temps complet depuis deux ans, Jean-Paul
Delfino, en fait le sujet de son quatrième livre de la série
du Vieux Switch qui vient de paraître. Son titre : "Embrouille
au vélodrome". Une chaîne de télévision
s'intéresse au sujet et le ministère de la jeunesse
et du sport semble se pencher sur ce scandale. Il y aurait en France
actuellement cinq mille jeunes - sans papiers, sans ressources - issus
de ce trafic d'enfants footballeurs. La plupart de ces mineurs tombent
dans la prostitution, intègrent les réseaux de pédophilie
ou rejoignent la délinquance.
Pour ce détendre un peu, l'homme sort pour la rentrée
un livre luxueux sur le "Kâma-Sûtra", le traité
de l'art d'aimer, revisité par ses soins dans une version "Brassenssienne"
et illustré de photographies sur lesquelles les amateurs du
Hard reconnaîtront Clara Morgan la présentatrice du journal
du même nom.
Sa bibliographie :
Brasil bossa nova, Edisud, 1988
Brasil : a musica, Parenthèses, 1998
La faction, Atout éditions, 2000
Chair de lune, Métailié, 2001
Série "Vieux Switch"
L'île aux femmes, Métailié, 1999
Tu touches pas à Marseille, Métailié, 2000
De l'eau dans le grisou, Métailié, 2001
Embrouilles au vélodrome, Métailié, 2002
Bernard Bec
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Michel GOURDON
L'Illustrateur Vedette du Fleuve Noir
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L'homme est né
le 20 novembre 1925 à Bordeaux. Tombé tout petit dans
le chaudron artistique, il recopie les dessins de sa maman avant même
de savoir lire. Ensuite, il est étudiant aux Beaux-Arts de Bordeaux
de 1941 à 1945. Un an plus tard, en 46, on le retrouve à
Paris où il débute sa carrière professionnelle
dans le dessin animé.
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L'entreprise qui l'emploie
fait faillite et Michel Gourdon s'essaye au dessin industriel. On ne
peut dire que cette forme d'expression le ravit pleinement puisqu'il
continue de taquiner sa muse. Il réalise des dessins pour les
couvertures d'un mag' de vulgarisation scientifique et se fait remarquer
par ses Pin-Up de Paris-Flirt. Durant ces années, Michel Gourdon
collabore également à Nous Deux, aux éditions Ferenczi
et aux éditions Mondiales.
En 1950, Armand De Caro
crée le Fleuve Noir, engage Michel Gourdon et lui confie presque
toutes les collections à illustrer (sa préférée
est Angoisse). Seule la série Anticipation l'est par Brantonne,
autre dessinateur marquant de cette période.
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Michel Gourdon, comme
un tâcheron du 19ème siècle dessine mensuellement
jusqu'à 20 couvertures et devient le créateur physique
de San-Antonio, le héros de Frédéric Dard. Un comédien,
Gérard Barret, à la cote certaine, lui sert de modèle.
Prémonition ou hasard, cet acteur devient, quelques temps après,
le commissaire San-Antonio au cinéma. Son style, un compromis
entre réalisme et sensualité, est le reflet de cette époque
d'avant 1968. Entre la rigueur puritaine et majoritaire de la plupart
des éditions et le rare porno affiché de quelques uns,
son expression picturale personnelle plait aux lecteurs de romans populaires
et lui vaut la notoriété que l'on sait, n'en déplaise
à sa modestie.
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Dessinateur en vogue,
Michel Gourdon réalise des publicités et quelques affiches
de cinéma, la plus célèbre est celle de La vache
et le prisonnier, le film de Henri Verneuil. Mais en même temps,
faute de ne pas en avoir de trop, il refuse d'illustrer une pochette
de disque pour Fernandel.
Un peu plus tard, les créateurs d'un nouveau magazine dédié
à l'homme moderne le contactent. Toujours débordé
de travail, il décline l'offre de Daniel Fillipachi et de Jacques
Lanzmann et leur présente son frère Aslan, sculpteur et,
lui aussi, un ancien des Beaux-Arts de Bordeaux. Ses Pin-up en couverture
et en page centrale le rendront célèbre et lanceront aussi
le nouveau mensuel.
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Michel Gourdon dessine
3500 illustrations pour le Fleuve Noir jusqu'en 1978. Son style de dessin
et sa technique à la gouache, seront chassés des couvertures
de cet éditeur par la photographie.
Ensuite, il participe à Télé 7jours, à Actuel,
aux éditions J'ai lu, Presses de la cité et Taillandier.
Il travaille avec le fils de pub qu'est Jacques Séguéla,
et participe aux campagnes des bierres Stella-Artois. L'agence Bongrand,
située rue de la Paix, lui commande une affiche pour la Prévention
Routière. Celle-ci, 4 par 3, s'étale pendant trois ans
sur tous les panneaux publicitaires de France et de Navarre.
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En 1984 paraît
Noir aux éditions Publicness. Cet ouvrage, hélas épuisé,
contient de nombreuses illustrations de Michel Gourdon, une préface
du Prince Murat et un texte de François Rivière.
A ce jour, l'artiste, continue d'exercer son talent dans sa chaumière
de la Gâtine. Il excelle dans des nus à la sanguine et
a tiré, à jamais, un trait sur son métier de créateur
de couv', même s'il est toujours prêt à se replonger
dans ce passé si riche.
"POLAR"
Le Salon de Cognac lui rendra hommage du 18 au 20 octobre 2002.
Quarante originaux, couvrant ses 28 années passées au
Fleuve Noir, et de nombreux nus à la sanguine seront exposés.
Bernard Bec
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